Le yin et le yang

Le yin et le yang

Comprendre Yin et Yang

Yin-Yang est un concept généralement mal compris en Occident, où ces deux termes sont souvent auréolés d’un sens mystique ou d’une échelle de valeur (le Yang serait préférable au Yin ?) qu’ils n’ont jamais possédée en Orient. Yin-Yang est un concept, un double adjectif qui sert simplement à noter le changement des cycles de la vie dans quelque domaine que ce soit. Yin-Yang représente aussi un mode de pensée qui tient compte des deux polarités d’une même chose ou situation.

Le caractère chinois Yang concerne le côté ou versant ensoleillé de la colline et se voit attribuer les qualités suivantes : chaleur, activité, luminosité… Les manifestations physiques de type Yang seront les suivantes :

  • la fièvre, les sensations de chaleur dans le corps ;
  • les hyperfonctionnements organiques (par exemple, dans l’hypertension) ;
  • toutes les inflammations et douleurs des tissus et des nerfs.

La théorie du Yin et du Yang représente l’interaction profonde du Yin-Yang :
Qui se génèrent l’un l’autre.
Qui s’opposent l’un l’autre.
Qui contiennent l’un et l’autre une partie de leur opposé. Qui se succèdent l’un et l’autre.
Le caractère chinois Yin servait à l’origine à désigner le côté d’une colline qui manquait de soleil toute l’année. Cet adjectif est associé aux qualités suivantes : froid, passif, sombre, intériorisé… et aux manifestations suivantes de la nature :

  • la sensation de froid dans le corps ;
  • l’hypoactivité des organes (la « fatigue » des organes) ;
  • toutes les ptôses des tissus (par exemple, les prolapsus anaux).

Cette classification du Yin-Yang n’a rien d’absolu et il faut prendre soin, lors de l’utilisation de ces termes, de bien spécifier le sujet concerné : l’eau est plus Yin que la vapeur (moins chaude), mais elle est Yang par rapport à la glace, plus Yin qu’elle. De plus, dans le Yang il y a toujours un peu de qualité Yin et dans le Yin un peu de qualité Yang ; on parle alors de Yang dans le Yin et de Yin dans le Yang, cycle parfaitement décrit dans le célèbre Yi Jing, le livre des changements, et dans le cycle des quatre saisons :

L’hiver est le Yin du Yin :

Le printemps est l’éclosion du Yang au sein du Yin :

L’été est la maturité du Yang :

L’automne est le début de la manifestation du Yin dans la chaleur Yang de l’été :

La notion de Yin-Yang inclut la compréhension intuitive (c’est-à- dire non analytique) de concepts chinois très subtils. Le philosophe Zhuang Zi nous en donne un exemple basé sur le paradoxe :
« … Personne n’aura vécu si longtemps qu’un enfant mort dans ses plus jeunes années. Le centenaire Peng Zu mourut prématurément… »

Yin et Yang se créent mutuellement l’un et l’autre ; ainsi, en médecine traditionnelle, on dit que l’énergie (le Qi) naît du sang (Yin), et que le sang est poussé à circuler par l’énergie (Yang).
De plus, si l’un des termes est excessif, l’autre sera étouffé et risquera d’être vaincu : par exemple, dans les longues maladies chroniques graves, le Yin, c’est-à-dire les réserves essentielles et héréditaires, s’amenuise considérablement, alors que le Yang semble fort : fièvres à heures régulières, sensation de bouche desséchée, nervosité intense, etc.

Pour les taoïstes, les concepts de feu et d’eau sont étroitement reliés au fonctionnement des reins et à la sexualité.

À cette fin, les taoïstes proposent différentes méthodes pour améliorer la longévité ; ces méthodes s’adressent tant à l’homme qu’à la femme, elles peuvent être grossièrement classifiées de la façon suivante :

  • Les conseils généraux.
  • L’entraînement énergétique (Qigong et Neigong).
  • L’utilisation de spécifiques alimentaires ou de formules toniques.
  • Les massages et la moxibustion.
  • L’art des positions.
  • Le travail sur le cœur et l’esprit (méditation).

Le maître taoïste Chen Po Tuan résumait ainsi le travail alchimique de l’eau et du feu :
« Le Jing et le Shen, la vitalité intrinsèque et la conscience sont comme le mari et la femme qui s’étreignent dans la joie. »

La logique de la médecine naturelle taoïste considère que pour comprendre une partie de la manifestation physiologique (par exemple, une maladie), l’on doit posséder la compréhension du tout (la psychophysiologie de l’homme complet). La pensée chinoise taoïste a très vite adopté une logique dialectique qui puisse s’adapter à tous les domaines de la vie : les relations humaines, la santé, les changements, etc. Cette dialectique a pour nom la théorie du Yin-Yang.

Le Yin et le Yang donnent une image de l’univers en noir et blanc (avec tous les gris dégradés). Tandis que la théorie des cinq éléments donne une dimension de relief et de couleur à la compréhension de l’univers. Ces deux théories sont elles-mêmes liées à la compréhension des « souffles » (Qi, appelé aussi d’une façon plus moderne « l’énergie ») qui animent l’univers et le font vivre.

Les deux souffles originels issus du ciel et de la terre sont :

  • Yin Qi semblable à l’eau qui descend.
  • Yang Qi semblable au feu qui monte.

Gérard Edde

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